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Le FHSA profite surtout aux revenus élevés, selon une étude récente

Le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété, connu sous le nom de FHSA (First Home Savings Account), gagne rapidement en popularité au Canada. Cependant, une nouvelle étude révèle que ce dispositif bénéficie principalement aux personnes à revenu élevé et à celles qui reçoivent un soutien financier familial.

Selon une analyse menée par le Canadian Tax Observatory, la majorité

des Canadiens utilisant ce compte gagnent plus de 80 000 dollars par an, soit bien au-dessus du revenu médian national. Cette tendance soulève des questions sur l’équité du programme et son efficacité à aider les acheteurs les plus vulnérables.

Comment fonctionne le FHSA ?

Le FHSA combine les avantages fiscaux de deux outils bien connus :

  • Comme un REER, les cotisations sont déductibles d’impôt
  • Comme un CELI, les retraits sont exonérés d’impôt

Les Canadiens admissibles peuvent cotiser jusqu’à 8 000 dollars par an, avec un plafond à vie de 40 000 dollars. Ce double avantage fiscal en fait un outil particulièrement attractif pour ceux qui ont la capacité d’épargner.

Une utilisation concentrée chez les hauts revenus

Les données de l’Agence du revenu du Canada pour 2023, première année de disponibilité du FHSA, montrent une utilisation plus fréquente chez les personnes gagnant entre 70 000 et 100 000 dollars, ainsi que chez certains contribuables atteignant jusqu’à 250 000 dollars de revenus.

À l’inverse, les Canadiens gagnant moins de 45 000 dollars participent beaucoup moins au programme. Cela s’explique en grande partie par une capacité d’épargne limitée face au coût de la vie.

Cependant, un phénomène intéressant a été observé : même parmi les personnes à très faible revenu, certaines ont réussi à effectuer des dépôts relativement élevés. Cela suggère fortement l’intervention d’un soutien financier externe.

Le rôle clé du soutien familial

L’étude met en évidence un facteur déterminant : l’aide familiale. Une part importante des premiers acheteurs s’appuie sur des dons ou des héritages pour constituer leur mise de fonds.

Une enquête de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) indique qu’environ 40 % des primo-accédants ont utilisé leurs économies FHSA pour un acompte, mais qu’une proportion similaire a également bénéficié d’un soutien financier familial, avec des montants moyens dépassant 74 500 dollars.

Cette réalité crée un avantage significatif pour les jeunes adultes issus de familles aisées, leur permettant d’accéder à la propriété plus tôt que les autres.

Une forte adoption chez les jeunes

Le FHSA est particulièrement populaire chez les jeunes adultes. La majorité des titulaires ont entre 25 et 34 ans, mais les moins de 25 ans représentent également une part importante des utilisateurs.

En 2023, près de 95 000 jeunes de moins de 25 ans ont ouvert un FHSA, avec des cotisations annuelles moyennes dépassant 5 500 dollars. Là encore, ces chiffres suggèrent que beaucoup bénéficient d’un soutien financier familial.

Un coût croissant pour les finances publiques

Si le FHSA est avantageux pour les épargnants, il représente un coût important pour le gouvernement. Selon le ministère des Finances, les pertes de recettes fiscales liées à ce programme pourraient atteindre 1,6 milliard de dollars d’ici 2027, contre environ 545 millions en 2023.

Au total, les avantages fiscaux liés au logement pourraient représenter près de 17 milliards de dollars de pertes annuelles pour l’État.

Face à cette situation, certains experts recommandent de ne pas augmenter les plafonds de cotisation et de revoir l’ensemble des mesures fiscales liées au logement afin d’en améliorer l’équité.

Conclusion

Le FHSA s’impose comme un outil puissant pour faciliter l’accès à la propriété au Canada. Toutefois, les données montrent clairement qu’il profite davantage aux Canadiens ayant des revenus élevés ou un soutien familial important.

Si le programme continue de croître, il sera essentiel pour les décideurs de s’assurer qu’il bénéficie également aux ménages à revenus modestes. Sans ajustements, le FHSA risque de renforcer les inégalités existantes plutôt que de les réduire.

FAQ

1. Qui peut ouvrir un FHSA au Canada ?

Toute personne admissible souhaitant acheter une première propriété peut ouvrir un FHSA, sous certaines conditions.

2. Quel est le montant maximum que l’on peut cotiser ?

Vous pouvez cotiser jusqu’à 8 000 dollars par an, avec un maximum à vie de 40 000 dollars.

3. Pourquoi le FHSA profite-t-il surtout aux hauts revenus ?

Parce qu’il nécessite une capacité d’épargne importante, souvent facilitée par des revenus élevés ou un soutien familial.

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